Bouillie bordelaise quand traiter : le calendrier complet pour un potager sans mildiou

La bouillie bordelaise s’applique en préventif, avant l’arrivée du champignon, jamais une fois la maladie installée.

  • Fin d’hiver : pulvériser sur bois nu avant débourrement.
  • Après chute des feuilles : nettoyer sol et branches à l’automne.
  • Tomate : dès la plantation en mai, puis tous les 15 jours.
  • Pomme de terre : dès la levée, renouveler tous les 15 jours.
  • Vigne : dès que les pousses atteignent 10 à 15 cm.
  • Après une forte pluie, retraiter sans attendre.

Quand traiter à la bouillie bordelaise : périodes et calendrier cultural

Traitements de fin d’hiver et d’automne : le grand nettoyage

  • Avant débourrement, fin d’hiver : pulvériser sur bois nu et rameaux,
  • Après chute des feuilles, automne : nettoyer le sol et les branches,
  • Vigne, avril à fin juillet : renouveler tous les 15 jours,

Traitements de printemps et d’été selon les cultures

Dès la plantation en mai, la tomate reçoit une première pulvérisation préventive. Le mildiou se développe entre 10°C et 25°C et une humidité du feuillage de 2 à 7 heures suffit à déclencher l’infection : mieux vaut traiter avant les premières taches. Renouvelez ensuite tous les 15 jours, avec un dosage de 6 à 8 g par litre d’eau, et jusqu’à 2 à 3 fois selon la pression de la maladie. En été, la fréquence tomate monte à un passage tous les 10 à 15 jours.

Pour la pomme de terre, le premier traitement intervient dès la levée, puis un renouvellement tous les 15 jours. La vigne suit son propre rythme : on traite de avril à fin juillet, tous les 15 jours, en déclenchant dès que les pousses atteignent 10 à 15 cm. Après une forte pluie, le produit est lessivé : retraitez sans attendre.

Qu’est-ce que la bouillie bordelaise et comment agit-elle

bouillie bordelaise quand traiter

La bouillie bordelaise est un fongicide de contact composé de sulfate de cuivre et de chaux éteinte. Sa formulation classique contient 20 % de sulfate de cuivre. Née d’une observation faite dans le vignoble bordelais après la première apparition du mildiou en France en 1878, elle est utilisée contre cette maladie dès 1880 et fut véritablement mise au point en 1883, au XIXe siècle.

Son mode d’action est simple : au contact de l’humidité, elle libère des ions cuivre qui bloquent la germination des spores avant qu’elles ne pénètrent les tissus. Comme elle n’est pas systémique, elle reste en surface et ne circule pas dans la plante.

Conséquence directe : la bouillie bordelaise est préventive. Pulvérisée avant l’arrivée du champignon, elle forme une barrière protectrice. Une fois la maladie installée, elle ne peut plus la guérir.

Quelles cultures traiter : tomate, pomme de terre, vigne, fruitiers

La bouillie bordelaise n’est pas un traitement universel : certaines cultures y sont très sensibles et doivent être protégées en priorité, d’autres n’en ont besoin qu’à des moments précis. Voici les principales cibles au potager et au verger.

  • Tomate : dès la plantation, car elle est très sensible au mildiou.
  • Pomme de terre : dès la levée, puis tous les 15 jours.
  • Vigne : traitement systématique au printemps, dès que les pousses atteignent 10 à 15 cm.
  • Fruitiers : pêcher, pommier et poirier en prévention de la cloque et de la tavelure.
  • Rosiers et fraisiers : contre les maladies fongiques comme la rouille ou le botrytis.

La tomate reste la culture la plus exposée : le mildiou s’y développe entre 10°C et 25°C, dès que le feuillage reste humide 2 à 7 heures. Un traitement préventif dès la plantation, renouvelé tous les 15 jours, limite fortement les dégâts.

Pour la pomme de terre, la logique est identique : on intervient dès la levée, puis on renouvelle tous les 15 jours, avec un dosage adapté et une vigilance accrue après une forte pluie qui lessive le produit.

La vigne demande un suivi plus régulier, d’avril à juillet, à raison d’une application tous les 15 jours. Le déclenchement se fait quand les jeunes pousses mesurent 10 à 15 cm, seuil où la protection devient réellement utile.

Chez les fruitiers, on cible surtout le pêcher contre la cloque, et le pommier ou le poirier contre la tavelure. Rosiers et fraisiers profitent aussi de ce traitement contre les maladies fongiques courantes, à condition de respecter les doses et les périodes adaptées à chaque espèce.

Dosage, préparation et méthode d’application

Dosages et recettes de préparation

Le dosage varie selon la culture et le stade de développement. Pour les tomates en pleine croissance, comptez 6 à 8 g de bouillie bordelaise par litre d’eau. La formulation commerciale la plus courante contient 20 % de sulfate de cuivre, avec une dose recommandée de 10 g par litre pour les traitements standards.

Culture traitée Dosage par litre d’eau Fréquence de renouvellement
Tomate 6 à 8 g Tous les 15 jours
Pomme de terre 10 g Tous les 15 jours
Vigne 10 g Tous les 15 jours d’avril à juillet

Pour une préparation maison, la base repose sur 3 litres d’eau et 150 g de chaux éteinte, à ajuster selon le volume final souhaité. Mélangez toujours le sulfate de cuivre dans l’eau avant d’ajouter la chaux, jamais l’inverse. Comptez 2 à 3 renouvellements à 15 jours d’intervalle pour couvrir une période à risque.

Bonnes conditions et gestes d’application

La météo conditionne l’efficacité du traitement. Le mildiou se développe entre 10°C et 25°C, avec une humidité du feuillage maintenue 2 à 7 heures. C’est exactement dans ces fenêtres qu’il faut intervenir, avant que les spores ne germent.

  • Temps sec et sans vent : évite la dérive et le lessivage du produit.
  • Éviter plein soleil et chaleur : pulvérisez le matin ou en fin de journée.
  • Pulvériser dessus et dessous : le revers des feuilles est la zone la plus exposée.

Après une forte pluie, le produit est lessivé : retraitez dès que le feuillage est sec. Un signe de surdosage apparaît sous forme de gouttes bleues en bout de feuille.

Précautions d’emploi, toxicité et dangers du cuivre

La bouillie bordelaise n’est pas un produit anodin. Le cuivre n’est pas biodégradable : il s’accumule dans le sol année après année et peut nuire aux vers de terre et à la vie microbienne. En agriculture biologique, une dose maximale annuelle de cuivre métal par hectare est strictement encadrée. Respectez toujours les doses indiquées sur l’emballage, sans jamais les doubler par impatience.

Pendant la pulvérisation, portez gants et masque, et tenez les enfants et animaux à distance. Évitez de traiter en période de floraison, pour ne pas intoxiquer les pollinisateurs, et ne pulvérisez jamais sur les parties que vous allez consommer. Respectez le délai avant récolte inscrit sur le produit : il conditionne la sécurité de votre assiette.

Un signe ne trompe pas : si des gouttes bleues apparaissent en bout de feuille, c’est un surdosage. Rincez alors le feuillage à l’eau claire. Mieux vaut prévenir que curer, car la bouillie bordelaise est strictement préventive : appliquée après l’apparition du mildiou, elle ne guérit rien.

Maladies traitées : mildiou, tavelure, cloque, chancre

La bouillie bordelaise est un fongicide de contact : elle agit uniquement en prévention, en bloquant la germination des spores avant qu’elles ne pénètrent dans les tissus. Appliquée sur une plante déjà malade, elle ne la guérira pas. C’est pourquoi il faut traiter avant l’apparition des symptômes, en se basant sur les conditions météo et le stade de développement des cultures.

  • Mildiou : tomate, pomme de terre et vigne
  • Tavelure : pommier et poirier
  • Cloque : pêcher et nectarinier
  • Chancre : cerisier et abricotier
  • Moniliose : fruits à noyaux

Le mildiou se développe entre 10°C et 25°C, dès que le feuillage reste humide 2 à 7 heures. Ces conditions expliquent pourquoi les traitements préventifs doivent être renouvelés tous les 15 jours en période à risque, et après chaque forte pluie qui lessive le produit.

La tavelure touche surtout les fruitiers à pépins au printemps, tandis que la cloque du pêcher apparaît dès le débourrement, par temps froid et humide. Le chancre, plus insidieux, s’installe sur les rameaux et les branches après des blessures ou des tailles mal cicatrisées.

Alternatives naturelles et limitation des traitements au cuivre

Le cuivre ne se dégrade pas et s’accumule dans le sol, ce qui impose de limiter les traitements au strict nécessaire et de les espacer. En prévention, le purin de prêle renforce les défenses naturelles des plantes, tandis que la décoction d’ail agit comme antifongique doux. Le bicarbonate de soude et le lait dilué complètent la panoplie contre l’oïdium.

Choisir des variétés résistantes, notamment pour la tomate, réduit fortement le risque de mildiou et donc le nombre d’applications. Un bon paillage limite les éclaboussures de terre vers le feuillage, principal vecteur de contamination. Ces gestes culturaux diminuent la pression des maladies sans recourir systématiquement à la bouillie bordelaise.

Alternez ces solutions et n’intervenez au cuivre qu’en préventif, lorsque les conditions deviennent réellement favorables au mildiou. Une rotation des méthodes et une surveillance régulière suffisent souvent à protéger le potager sur toute la saison.