Dosage bouillie bordelaise pour arbres fruitiers : grammes par litre, calendrier et préparation

Le dosage de la bouillie bordelaise pour arbres fruitiers varie de 6,25 à 25 g par litre d’eau selon l’arbre et la maladie.

  • Arbres fruitiers en hiver : 15 à 20 g par litre.
  • Pommier et poirier : 15 g par litre en février ou mars.
  • Pêcher contre la cloque : 25 g par litre au gonflement des bourgeons.
  • Pêcher contre la bactériose : 6,25 g par litre.
  • Cerisier et prunier : 12,5 g par litre au débourrement.

Dosage de la bouillie bordelaise par arbre fruitier et culture

Culture ou arbre Dose pour 1 litre d’eau Période d’application Maladie ciblée
Arbres fruitiers (hiver) 15 à 20 g Novembre, après chute des feuilles Chancre, moniliose
Pommier, poirier 15 g (hiver) Février à mars, à la reprise Tavelure, chancre
Pêcher (cloque) 25 g Gonflement des bourgeons Cloque du pêcher
Pêcher (bactériose) 6,25 g Automne et fin d’hiver Bactériose
Cerisier, prunier 12,5 g Débourrement et après récolte Coryneum, moniliose
Olivier 10 à 12,5 g Préventif printanier Œil de paon
Vigne 12,5 à 15 g Printemps, dès 10 cm de feuilles Mildiou
Tomate 12,5 à 15 g Plants de 20 cm Mildiou
Pomme de terre 15 g Feuillage de 20 à 25 cm Mildiou
Rosiers, fraisiers 10 g Fin hiver, avant reprise Taches noires, rouille
Cucurbitacées 10 g maximum 2 à 3 traitements par saison Mildiou

La règle de base pour un usage courant se situe entre 10 et 20 g/L, selon la plante et la pression des maladies. Un produit de jardinerie titre généralement 20 % de cuivre, ce qui correspond à une poudre bleue prête à diluer.

Le piège des arbres fruitiers en hiver

Les arbres fruitiers en hiver supportent des concentrations fortes : 15 à 20 g par litre. C’est à cette période que le cuivre agit le plus efficacement sur les formes hivernantes du chancre et de la moniliose. Le pêcher fait exception et réclame 25 g/L contre la cloque, une dose rarement atteinte ailleurs.

En revanche, pour la bactériose du pêcher, on retombe à 6,25 g/L afin d’éviter toute brûlure du feuillage en végétation. Le cerisier et le prunier se traitent à 12,5 g/L, notamment contre le coryneum après la récolte.

Arbres à noyaux et arbres à pépins

Les arbres à noyaux (pêcher, cerisier, prunier) sont plus sensibles au cuivre que les arbres à pépins. Chez ces derniers, le pommier et le poirier tolèrent sans souci les 15 g/L hivernaux. Attention toutefois : au-delà de 25 °C, même une dose correcte peut provoquer des brûlures sur jeunes pousses.

Préparation et conversion des doses (1 L, 5 L, 10 L)

dosage bouillie bordelaise pour arbres fruitiers

Recette maison et dilution du produit du commerce

Pour préparer une bouillie bordelaise maison à 1 % sur 5 litres, diluez 100 g de sulfate de cuivre dans 2 litres d’eau tiède, puis 150 g de chaux éteinte dans 3 litres d’eau. Versez ensuite le sulfate dans le lait de chaux en remuant, jamais l’inverse.

Avec un produit du commerce titré à 20 % de cuivre métal, la dilution suit simplement la dose indiquée : 12,5 g par litre pour tomates, pommes de terre et vigne, 15 à 20 g/L pour les arbres fruitiers en hiver. Une cuillère à soupe rase pèse environ 10 à 12 g de poudre, ce qui facilite la mesure sans balance.

  • Eau peu calcaire ou de pluie : améliore la dissolution et l’adhérence.
  • Jamais de récipient métallique : le cuivre réagit et abîme le matériel.
  • Filtrer avant de pulvériser : évite les buses bouchées.
  • Utiliser sous 24 heures : au-delà, la bouillie perd son efficacité.

Conversion des doses selon le volume du pulvérisateur

La règle est simple : la dose est strictement proportionnelle au volume d’eau. Pour un pulvérisateur de 10 litres, multipliez par 10 la dose au litre. Ainsi, 20 g/L en hiver devient 200 g de poudre pour 10 L, et 12,5 g/L devient 125 g.

Un pulvérisateur courant de 10 à 15 litres couvre 4 à 6 arbres fruitiers adultes, ou environ 10 m² de légumes par litre de solution. Un sachet de 400 g permet donc de préparer 40 litres de bouillie à 10 g/L, largement de quoi traiter plusieurs arbres sur une saison.

Quand et comment appliquer : calendrier et conditions

Calendrier des traitements pour arbres fruitiers

Pour les fruitiers, deux passages concentrent l’essentiel de l’efficacité. Le premier intervient en novembre, juste après la chute des feuilles, quand le verger se met au repos. Le second se situe entre février et mars, au moment du gonflement des bourgeons, avant que les premières pousses ne percent.

Ce rythme correspond à la formule classique à 1 %, héritée des traitements d’hiver du vignoble bordelais. En pratique, vous n’enchaînez donc que 2 traitements clés par an sur la plupart des arbres fruitiers adultes.

Rythme d’application au potager et au verger

Au potager, la cadence change complètement. On reprend les pulvérisations tous les 12 à 15 jours tant que la pression des maladies reste active, ce qui grimpe vite à 4 à 6 traitements par an selon les cultures. Après une pluie de plus de 20 mm, le film de cuivre est lessivé : il faut retraiter, car la protection ne tient que 15 jours sans pluie.

Déclenchez aussi en fonction du stade de la plante. Les tomates se traitent à partir de 20 cm de hauteur, les pommes de terre quand le feuillage atteint 20 à 25 cm, et la vigne dès que les jeunes feuilles font 10 cm.

Enfin, respectez toujours le délai avant récolte : 15 jours minimum, et 21 jours si la plante se consomme entière. Côté météo, visez une plage de 10 et 25 °C sans pluie pendant 24 à 48 heures, au-delà de 28 °C le feuillage brûle.

Qu’est-ce que la bouillie bordelaise : composition et mode d’action

La bouillie bordelaise est un fongicide de contact composé de deux ingrédients : du sulfate de cuivre et de la chaux éteinte. Mélangés à l’eau, ils forment une solution bleutée qui laisse un film protecteur sur les feuilles. Les produits vendus en jardinerie affichent une teneur en cuivre de 20 %. Son origine remonte au vignoble bordelais, dans les années 1880, lorsque le professeur Alexis Millardet en découvrit l’efficacité contre le mildiou.

Son mode d’action repose sur les ions cuivre Cu²⁺. Au contact de l’humidité, ils sont libérés progressivement et bloquent la germination des spores de champignons avant qu’ils ne pénètrent les tissus. C’est un traitement préventif, non systémique : il protège ce qu’il touche, mais ne circule pas dans la sève et ne guérit pas les parties déjà infectées.

Autre conséquence pratique : la bouillie bordelaise est inefficace contre les insectes ravageurs. Pulvériser contre les pucerons ou les carpocapses ne sert à rien. Le film de cuivre reste actif environ 15 jours sans pluie, d’où la nécessité de renouveler les applications après lessivage.

Maladies des fruitiers traitées

Maladie Arbres concernés Dose recommandée Moment du traitement
Tavelure Pommiers, poiriers 15 à 20 g/L Chute des feuilles, gonflement des bourgeons
Cloque du pêcher Pêchers 25 g/L Gonflement des bourgeons, avant ouverture
Moniliose Arbres à pépins et à noyaux 15 à 20 g/L Automne, après la récolte
Chancre Pommiers, poiriers, cerisiers 15 g/L Chute des feuilles, fin d’hiver
Gommose Arbres à noyaux 12,5 g/L Reprise de végétation, printemps

La tavelure reste la maladie fongique la plus redoutée au verger. Elle se développe dès que l’humidité s’installe entre 10 et 25 °C. Les traitements de novembre et de février-mars constituent les deux interventions clés pour casser le cycle d’infection.

La cloque du pêcher exige une vigilance particulière : ce champignon déforme les feuilles dès le printemps. C’est le seul cas où la dose monte à 25 g/L, bien au-dessus des 15 à 20 g/L appliqués habituellement sur fruitiers en hiver.

Reconnaître les symptômes avant de traiter

La moniliose se manifeste par des fruits momifiés qui restent accrochés aux branches. Elle frappe aussi bien les arbres à pépins que les arbres à noyaux. Un traitement d’automne après récolte limite sa propagation hivernale.

Le chancre provoque des plaies brunâtres sur les rameaux et troncs, surtout sur pommiers, poiriers et cerisiers. La gommose, typique des arbres à noyaux, se traduit par des écoulements de résine ambrée sur les branches. Le coryneum, également présent sur cerisier, bénéficie du même type d’application préventive.

Ce que la bouillie bordelaise ne traite pas

Précision utile avant tout achat : ce fongicide de contact à base d’ions Cu²⁺ reste totalement inefficace contre les insectes ravageurs, pucerons, chenilles ou acariens. Il agit uniquement en bloquant la germination des spores au contact du feuillage.

Précautions, dangers du cuivre et réglementation

Le cuivre n’est pas dégradable : il s’accumule dans le sol et finit par nuire aux vers de terre et à la microfaune. La réglementation européenne fixe un plafond de 4 kg de cuivre métal par hectare et par an, avec une moyenne limitée à 6 kg/ha/an sur cinq ans. Ne dépassez jamais 4 à 6 traitements par an selon les cultures, et respectez impérativement le délai avant récolte : 21 jours si la plante se consomme, 15 jours au minimum, 3 semaines étant l’idéal.

Côté santé, le cuivre est toxique à partir de 0,3 à 1,4 g/kg chez l’homme. Les conjonctivites représentent 24 % des symptômes recensés lors d’une exposition. Portez systématiquement gants, lunettes et masque, et respectez le délai avant entrée sur la parcelle, de 6 à 48 heures selon les produits.

Évitez de pulvériser à moins de 10 mètres de certaines zones sensibles et pendant la floraison, pour protéger les pollinisateurs. La bouillie se conserve 24 heures maximum : préparez uniquement la quantité nécessaire et rincez soigneusement le matériel après usage.

Conditions de pulvérisation et matériel d’application

  • Température entre 10 et 25 °C : plage idéale pour une bonne adhérence du film cuivrique
  • Éviter au-delà de 28 °C : risque de brûlures du feuillage par concentration des sels
  • Pas de pluie sous 24 heures : une averse de 20 mm lessive le produit et impose de retraiter
  • Tôt le matin ou en soirée : évitez les heures chaudes et la présence de rosée
  • Temps sec et sans vent : la dérive nuit à l’efficacité et aux zones voisines
  • Pulvérisateur, doseur et balance précise : matériel de base pour respecter les grammages

Le bon créneau se situe entre 10 et 25 °C, sous un ciel dégagé et sans vent. En dehors de cette plage, le produit adhère mal ou brûle les jeunes pousses. Comptez 6 heures sans pluie minimum pour un séchage correct, et jusqu’à 24 à 48 heures pour une tenue optimale du film protecteur.

Matériel et bonnes pratiques de pulvérisation

Utilisez un pulvérisateur à dos ou à pression équipé d’une buse fine, d’un doseur gradué et d’une balance précise (au gramme). Un pulvérisateur courant de 5 litres couvre 4 à 6 arbres fruitiers adultes, tandis qu’un litre de solution traite environ 10 m² de légumes.

Préparez toujours dans un récipient non métallique, filtrez la solution avant de la verser dans le réservoir pour éviter de boucher la buse, et utilisez la bouillie dans les 24 heures suivant sa préparation. Rincez soigneusement le matériel après chaque usage.

Sécurité et délais à respecter

Portez systématiquement gants, lunettes et masque pendant la manipulation et la pulvérisation. Respectez le délai avant entrée sur la parcelle, de 6 à 48 heures selon le produit utilisé, et ne traitez jamais à moins de 10 mètres d’un point d’eau ou d’une zone sensible pour les produits soumis à cette distance renforcée.