Prix de l hectare agricole : barème par département, par région et évolution du marché foncier
Le prix d’un hectare agricole varie de 2 580 € à plus de 12 510 € selon le département.
- Moyenne nationale : 6 200 €/ha pour les terres libres.
- Terre louée : environ 5 220 €/ha contre 6 400 € libre.
- Franche-Comté : 2 580 €/ha en prairies.
- Nord-Pas-de-Calais : 12 510 €/ha, le plus élevé.
- Barème de référence : SAFER et barème ministériel.
- Affiner avec les données DVF des ventes conclues.
Prix de l hectare agricole par département
Le prix d’un hectare agricole varie fortement d’un département à l’autre. L’écart va de 2 580 €/ha en Franche-Comté jusqu’à plus de 12 510 €/ha dans le Nord-Pas-de-Calais. Cette dispersion reflète la qualité des sols, la pression foncière locale et la spécialisation agricole de chaque territoire.
Le barème indicatif ministériel, publié chaque année au Journal officiel, sert de référence pour encadrer les transactions. Il est décliné par département et par type de terre, ce qui permet de situer rapidement une parcelle.
Un écart départemental qui peut atteindre le triple
| Département ou zone | Prix moyen à l hectare | Statut de la terre | Source du barème |
|---|---|---|---|
| Franche-Comté | 2 580 € | Prairies et terres libres | SAFER |
| Moyenne nationale | 6 200 € | Terres et prés libres | SAFER |
| Moyenne nationale | 5 220 € | Terres louées | SAFER |
| Nord-Pas-de-Calais | 12 510 € | Terres libres | SAFER |
| Dordogne | 4 000 à 6 000 € | Terres et prés | AGRESTE |
Comment lire ces chiffres
Un hectare correspond à 10 000 m². Le prix affiché par les SAFER concerne des terres libres, c’est-à-dire sans bail en cours. Une terre louée se négocie nettement moins cher, autour de 5 220 €/ha contre 6 400 €/ha pour une terre libre, car l’acquéreur ne peut pas en disposer immédiatement.
Les barèmes départementaux restent indicatifs : une parcelle bien située peut dépasser le haut de la fourchette, tandis qu’une terre enclavée ou difficile d’accès se négociera en dessous. Pour affiner, il faut croiser le barème avec les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) qui recensent les ventes réellement conclues.
Prix de l hectare agricole par région

| Région | Prix moyen à l hectare | Positionnement national | Spécialité agricole dominante |
|---|---|---|---|
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 10 500 € | Région la plus chère | Maraîchage, vergers, vignes |
| Hauts-de-France | 10 000 € | Très élevé | Grandes cultures |
| Normandie | 9 000 € | Élevé | Élevage, polyculture |
| Occitanie | 7 200 € | Au-dessus de la moyenne | Vignes, céréales |
| Île-de-France | 7 100 € | Au-dessus de la moyenne | Grandes cultures céréalières |
| Centre-Val de Loire | 6 300 € | Dans la moyenne | Céréales, betteraves |
| Grand Est | 6 300 € | Dans la moyenne | Céréales, élevage |
| Bretagne | 6 200 € | Dans la moyenne | Élevage porcin et laitier |
| Nouvelle-Aquitaine | 5 400 € | Sous la moyenne | Vignes, polyculture |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 4 700 € | Abordable | Élevage, vignes |
| Pays de la Loire | 4 100 € | Abordable | Élevage, maraîchage |
| Bourgogne-Franche-Comté | 3 100 € | Parmi les moins chères | Élevage, céréales |
Ce classement régional masque des écarts internes parfois plus marqués qu’entre deux régions voisines. En Bourgogne-Franche-Comté, le prix le plus bas observé en Franche-Comté atteint 2 580 €/ha, contre 2 690 €/ha un an plus tôt, alors que la moyenne régionale dépasse légèrement 3 100 €/ha en incluant les terres de grandes cultures. À l’inverse, le Nord-Pas-de-Calais affiche le prix le plus haut du pays à 12 510 €/ha, un niveau comparable aux terres les plus recherchées de PACA.
Pourquoi de tels écarts entre régions
La pression urbaine explique une grande partie de ces différences. En PACA et dans les Hauts-de-France, la proximité des métropoles, des axes routiers et des zones d’activité fait grimper la demande, y compris pour des parcelles de faible surface. La spécialisation agricole locale joue aussi un rôle décisif : les grandes cultures céréalières de l’Île-de-France ou du Centre-Val de Loire soutiennent des prix élevés grâce à des rendements réguliers, tandis que les zones d’élevage de montagne en Auvergne-Rhône-Alpes restent plus accessibles.
À l’échelle européenne, la France se situe dans la moyenne avec 6 200 €/ha pour une terre arable, loin derrière Malte (283 039 €/ha) ou les Pays-Bas (91 154 €/ha), mais devant la Slovaquie où le loyer annuel ne dépasse pas 67 €/ha. Cette comparaison rappelle qu’un hectare agricole français reste abordable pour un investisseur, tout en reflétant la qualité des sols et la structuration du marché foncier national.
Évolution du prix de l hectare agricole
Le marché foncier agricole français progresse, mais à un rythme plus mesuré qu’auparavant. Le prix moyen des terres et prés libres s’établit à 6 200 €/ha, en hausse de +1,5 % sur un an. Les terres en zones de grandes cultures ne gagnent que +1,4 %, signe d’un net ralentissement.
Cette décélération s’explique surtout par la baisse des rendements qui pèse sur le pouvoir d’achat des exploitants. En revanche, les terres d’élevage et de polyculture affichent une progression plus soutenue. La France reste loin des sommets européens : 6 200 €/ha contre 11 791 €/ha en moyenne dans l’UE pour la terre arable.
La trajectoire récente confirme ce rythme modéré : 5 940 €/ha, puis 6 130 €/ha, puis 6 200 €/ha. Malte culmine à 283 039 €/ha et les Pays-Bas à 91 154 €/ha, des niveaux inatteignables en France.
Outils et sources officielles pour connaître le prix de l hectare agricole
Le barème indicatif ministériel et les publications SAFER
Le point de départ pour tout acheteur ou vendeur reste le barème indicatif ministériel. Ce document est publié chaque année au Journal officiel et fixe une valeur de référence par département, par type de culture et par mode d’exploitation. Il sert de base aux transactions, notamment pour les ventes entre particuliers et dans le cadre familial.
En complément, les SAFER publient chaque année des statistiques détaillées par région. Ces données sont accessibles librement via la carte interactive le-prix-des-terres.fr, qui permet de zoomer jusqu’à l’échelle communale et de comparer les prix des terres et prés libres, des terres louées ou encore des vignes.
- Barème ministériel : publié au Journal officiel, valeur de référence par département
- Carte le-prix-des-terres.fr : prix moyens par commune et par usage
- Statistiques SAFER : publications annuelles par région et type de culture
Les bases DVF et les simulateurs en ligne
Pour des données plus fines, la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) recense toutes les transactions immobilières réalisées depuis 2014. Elle est mise à jour deux fois par an sur data.gouv.fr et couvre aussi bien les ventes de terrains que de bâtiments agricoles. La cartographie FEVE s’appuie directement sur ces données pour offrir une lecture visuelle des prix par parcelle.
Côté estimation, plusieurs simulateurs gratuits croisent les données DVF sur cinq ans avec les annonces en cours. L’outil Place des Terres analyse les parcelles cadastrales à partir de leur localisation, de leur surface et de leur date de vente. Le simulateur Estimer ma ferme, proposé par La Grange, génère quant à lui une fourchette de prix réaliste en quelques clics, utile pour préparer une succession, un financement ou une déclaration IFI.
Facteurs qui font varier le prix de l hectare agricole
Deux parcelles distantes de quelques kilomètres peuvent afficher des prix du simple au triple. Le prix d’un hectare agricole ne dépend jamais d’un seul critère : il résulte d’une combinaison de facteurs agronomiques, géographiques et économiques. Voici les quatre déterminants qui pèsent le plus lourd dans la balance.
- Qualité et fertilité des sols : une terre profonde et limoneuse se vend bien plus cher qu’un sol caillouteux ou hydromorphe, car elle porte de meilleurs rendements.
- Pression urbaine et infrastructures : la proximité d’une métropole, d’une autoroute ou d’une zone d’activité fait grimper la valeur, même sans projet de construction.
- Spécialisation agricole locale : dans un bassin de grandes cultures, la demande entre exploitants est forte et soutient les prix ; en zone d’élevage, elle est plus molle.
- Valeur des appellations viticoles : en AOC, le prix du foncier suit la notoriété de l’appellation plus que la qualité agronomique de la parcelle.
Ces facteurs se combinent en permanence. Une terre de plaine céréalière située à 20 km d’une agglomération dynamique vaudra beaucoup plus qu’une prairie de montagne au rendement limité, même si les deux sont classées agricoles.
Pourquoi l’écart entre parcelles voisines peut surprendre
D’autres éléments plus subtils jouent aussi : la topographie (une pente forte complique le travail et réduit la valeur), l’accès à l’irrigation, la forme de la parcelle (un triangle difficile à cultiver vaut moins qu’un rectangle), et la présence de bâtiments d’exploitation. La taille du lot compte également : un grand bloc d’un seul tenant attire davantage d’acquéreurs qu’une parcelle enclavée de quelques ares.
Enfin, le contexte local de la demande foncière reste déterminant. Là où plusieurs jeunes agriculteurs cherchent à s’installer, les prix montent ; là où les exploitations disparaissent sans repreneur, ils stagnent ou reculent. C’est pourquoi il faut toujours comparer votre parcelle à des ventes récentes de terres similaires dans un rayon restreint, plutôt qu’à une moyenne nationale.
Estimer la valeur de ses terres agricoles
Pour obtenir une estimation fiable, la méthode la plus solide consiste à croiser les données DVF sur cinq ans avec les annonces actuellement en vente. Les bases DVF recensent les transactions réellement conclues, avec le prix, la surface, la localisation et la date. Cette approche évite de se fier à un prix affiché, souvent supérieur au prix finalement signé.
Plusieurs simulateurs en ligne automatisent cette comparaison. Un outil s’appuyant sur les parcelles cadastrales restitue une fourchette de prix réaliste en quelques clics, à partir d’un algorithme nourri des ventes passées. D’autres plateformes proposent une estimation gratuite de la ferme dans son ensemble. Ces résultats restent indicatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel du foncier.
Une estimation précise sert aussi bien pour vendre, acheter, financer un projet que pour une succession ou une déclaration IFI. Gardez en tête que le prix moyen national des terres et prés libres s’établit à 6 400 €/ha, soit 0,64 €/m², contre 5 220 €/ha pour les terres louées. Un hectare représentant 10 000 m², ces repères permettent de situer rapidement la valeur d’une parcelle.
Prix de l hectare de vignes et de terres viticoles
Le foncier viticole constitue un marché à part dans le paysage agricole français. Là où un hectare de terres et prés libres s’échange autour de 6 200 €/ha au niveau national, une parcelle classée en appellation prestigieuse peut valoir plusieurs centaines de milliers d’euros, voire dépasser le million d’euros l’hectare pour les têtes de cuvée les plus recherchées.
Cette flambée s’explique par une règle simple : la superficie d’une appellation est figée. Impossible d’étendre les grands crus, ce qui concentre la demande sur un nombre limité de parcelles et fait grimper les prix au m².
Les vignobles d exception et leurs prix au m²
En Champagne, en Bourgogne et dans les grands crus de Bordeaux, les transactions atteignent des sommets. Un hectare peut s’y négocier pour plus d’un million d’euros lorsqu’il s’agit d’une parcelle rare.
Ces montants n’ont rien à voir avec les moyennes régionales du foncier agricole classique. Ils dépendent avant tout du classement de l’appellation, de la renommée du domaine et de la rareté de la parcelle.
Le cas particulier des vignes en Dordogne et dans le Sud-Ouest
- Barème AGRESTE dédié : un barème spécifique aux vignes existe pour la Dordogne.
- Durée entre deux ventes : plus elle est longue, plus le prix grimpe.
- Prix lié à l appellation : Bergerac, Monbazillac ou Pécharmant n ont pas la même valeur.
Dans le Sud-Ouest, les prix restent plus accessibles que ceux de la Champagne ou de la Bourgogne, mais l’appellation demeure le premier critère de valorisation. Un acheteur débutant a donc tout intérêt à comparer plusieurs barèmes avant de se positionner.
